NOTRE POISON QUOTIDIEN

Après LE MONDE SELON MONSANTO...

nouvelle enquête de Marie-Monique ROBIN

  

Cette longue enquête qui m'a conduite dans six pays européens (France, Italie, Allemagne, Suisse, Grande Bretagne, Danemark), aux Etats Unis, au Canada, au Chili, et en Inde.

 

Pourquoi cette enquête?

Alors que je travaillais sur le passé et le présent peu glorieux de Monsanto et que je découvrais comment depuis sa création au début du XXème siècle la firme n'a cessé de cacher la haute toxicité de ses produits, je me suis posé trois questions:

 

- Est-ce que le comportement de Monsanto constitue une exception dans l'histoire industrielle?

 

- Comment sont réglementés les 100 000 molécules chimiques qui ont envahi notre environnement depuis la fin de la seconde guere mondiale?

 

- Y-a-t il un lien entre l'exposition à ces produits chimiques et "l'épidémie de maladies chroniques évitables" que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a constatée surtout dans les pays dits "développés" ( les termes que j'ai mis entre guillemets sont ceux utilisés par l'OMS)?

 

Consciente que le champ d'investigation était très vaste, j'ai décidé de ne m'intéresser qu'aux seuls produits chimiques qui entrent en contact avec notre chaîne alimentaire du champ du paysan (pesticides) à l'assiette du consommateur (additifs et plastiques alimentaires).

 

Avant d'entreprendre mon nouveau tour du monde, j'ai réalisé un long travail de recherche préparatoire qui a consisté à lire de nombreux livres (une centaine, essentiellement anglophones), rapports, études scientifiques et j'ai rencontré des experts (toxicologues, biologistes, représentants des agences de réglementation) , soit directement lors de rendez-vous personnels ou lors de colloques spécialisés. J'ai aussi consulté les archives d'organisations internationales comme l'OMS ou le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC)

qui dépend de la première.

 

 

 

 

 

  

Yannick Chenet :

un agriculteur tué à petit feu

 par les pesticides

 

Le jour même où Nicolas Sarkozy, le 15 janvier, dans ses vœux au monde rural, affirmait mardi en Alsace son "attachement à une agriculture durable, respectueuse de son environnement et qui ne met pas en danger la santé des paysans", l’association Générations Futures annonçait la disparition d’un homme devenu le symbole des dangers courus par les agriculteurs du fait de leur exposition à des produits toxiques : Yannick Chenet....

 

..... Il avait accepté de témoigner dans le documentaire "Notre poison quotidien", de Marie-Monique Robin dont la diffusion est prévue le 15 mars sur Arte. Il apparait aussi dans "Severn", film du réalisateur Jean-Paul Jaud sorti en novembre dans les salles. Dénonçant les limites d’une l’"agriculture dominée par la recherche du profit", ce dernier a fait part à Metro de sa colère : "Rien ne bouge, ce n’est pas acceptable. Yannick Chénet est la victime d’un système dominé par le profit, la cupidité et la spéculation. L’industrie pétrochimique a envahi notre agriculture et notre alimentation dans des proportions extrêmes. Les victimes des produits phytosanitaires vont croissant. Les témoignages sur les maladies ou malformations d’enfants d’agriculteurs se multiplient. Il est temps de prendre vraiment le chemin du respect de notre biodiversité et de notre santé."